La Croix, peinture abstraite de Kharla’M devenue la carte 28 de l’Oracle des Songes Blancs

La Croix : symbolique et message de la carte 28 de l’Oracle des Songes Blancs

La Croix est la vingt-huitième carte de l’Oracle des Songes Blancs. Elle évoque l’opportunité, la tolérance et le renouveau.

Mais cette histoire ne commence pas avec une carte. Elle commence plusieurs années auparavant, dans le silence d’un atelier. Une immense toile est posée sur le sol, trop grande pour trouver sa place sur un chevalet.

Je ne le sais pas encore, mais cette peinture continuera longtemps à vivre en moi. Vendue peu après sa sortie de l’atelier, elle me quittera sans pour autant disparaître de mon chemin. Bien des années plus tard, son image deviendra l’une des cartes de l’Oracle des Songes Blancs.

Comme toutes les cartes de l’Oracle, La Croix est née d’un tableau. Ce n’est pas l’Oracle qui a inspiré la peinture : c’est la peinture qui, bien après avoir quitté l’atelier, a révélé son propre langage jusqu’à trouver sa place dans l’Oracle.

Méditation autour de la carte

Au premier regard, la croix ne s’impose pas.

Elle apparaît peu à peu, comme si elle émergeait de la matière.

Les bleus profonds traversent la toile tels une respiration intérieure. Les terres, les ocres et les blancs viennent s’équilibrer dans une architecture silencieuse où chaque couleur trouve naturellement sa place.

La croix devient alors un carrefour. Elle ne sépare pas. Elle relie et rassemble ce qui semblait opposé et invite à accueillir les différences plutôt qu’à les combattre.

Cette carte nous rappelle que certaines rencontres changent une vie. Que certaines épreuves ouvrent des portes inattendues. Que le renouveau naît souvent au point précis où deux chemins se croisent.

Méditation autour de la carte

Au premier regard, la croix ne s’impose pas. Elle apparaît doucement, comme une présence qui préfère être découverte plutôt qu’affirmée.

Les bleus profonds traversent la toile, tandis que les ocres, les terres et les blancs répondent à leur silence. Chaque couleur semble chercher sa place sans jamais dominer l’autre.

Peu à peu, l’équilibre se révèle. La croix devient alors un lieu de rencontre, non pas un symbole qui sépare, mais un espace où les chemins se croisent.

La croix, un symbole de passage

Elle parle de ces instants où la vie nous invite à changer de regard plutôt que de direction. Elle rappelle que certaines rencontres, certaines épreuves ou certains détours deviennent les véritables tournants de notre existence.

L’opportunité naît parfois d’un croisement inattendu. La tolérance commence lorsque l’on accepte que deux vérités puissent dialoguer. Le renouveau apparaît lorsque l’on ose franchir un passage que l’on n’avait pas choisi.

Avant de devenir une carte

Cette peinture est née durant une période particulière de ma vie d’artiste.

Le tableau était si grand qu’il ne pouvait pas tenir sur mon chevalet. Je l’ai installé directement sur le plancher de l’atelier. Cette façon de peindre change profondément le geste : on ne fait plus face à la toile, on entre dans son espace. On tourne autour d’elle, on s’en approche, on s’en éloigne. Le corps entier participe à la création.

À cette époque, j’étais habitée par un questionnement spirituel autour du mystère de l’atelier, de la création et de l’inspiration. Je ressentais alors le besoin de revenir vers les grands symboles qui accompagnent l’humanité depuis toujours : le poisson, la croix, le crâne, ces signes qui ne parlent pas seulement de religion, mais du mystère de l’homme, de la vie et de la création.

J’ai toujours aimé la croix. Sa simplicité me touche : deux lignes seulement, et pourtant elles ouvrent un monde. La verticale et l’horizontale, le ciel et la terre, l’élan et l’ancrage, le visible et l’invisible.

La croix dans la matière

Je ne voulais pas représenter une croix. Je voulais qu’elle naisse d’elle-même en travaillant la matière avec de larges gestes. Les couleurs se répondaient, les épaisseurs se superposaient, et peu à peu la composition s’organisait comme un vitrail abstrait où la lumière semblait circuler d’un espace à l’autre.

Puis la croix est apparue. Non comme un dessin, mais comme une évidence. Aujourd’hui encore, je ne sais pas si c’est moi qui l’ai peinte ou si c’est elle qui s’est révélée.

Avec le recul, je comprends que cette période fut déterminante. Je m’interrogeais sans cesse sur le mystère de la création : pourquoi certaines œuvres semblent-elles porter un sens avant même que leur auteur ne le découvre ?

Je ne savais pas encore que cette question allait m’accompagner pendant des années, ni qu’elle me conduirait, presque naturellement, vers la naissance de l’Oracle des Songes Blancs.

Lorsque la peinture devient message

En devenant une carte, La Croix n’a pas changé de sens. Elle l’a simplement rendu plus lisible.

Les trois mots qui l’accompagnent – opportunitétolérance et renouveau – ne cherchent pas à expliquer la peinture. Ils ouvrent une porte.

L’opportunité est ce moment où un nouveau chemin devient possible. La tolérance est cette capacité à accueillir ce qui est différent sans chercher à le réduire. Le renouveau est cette force discrète qui transforme une étape difficile en commencement.

La Croix nous rappelle que la vie avance rarement en ligne droite. Elle progresse par rencontres, par détours, par passages. Et c’est souvent au croisement des chemins que nous découvrons celui qui était véritablement le nôtre.

La symbolique de la croix

La croix est l’un des plus anciens symboles de l’humanité. Bien avant de devenir le signe du christianisme, elle représentait déjà l’équilibre du monde : les quatre directions, les quatre éléments, le point de rencontre entre le ciel et la terre.

Chez les Égyptiens, la croix ansée, appelée ânkh, symbolisait la vie. Dans les traditions celtiques, elle évoquait l’équilibre de la nature et des saisons.

Le christianisme lui donnera ensuite une dimension nouvelle, faisant d’elle le symbole du sacrifice, mais aussi de l’espérance et de la résurrection.

Depuis des siècles, les artistes n’ont cessé de la réinventer. On la retrouve dans les mosaïques byzantines, les vitraux des cathédrales, les icônes orthodoxes, mais aussi dans l’art moderne et contemporain.

Si elle continue de nous toucher, c’est peut-être parce qu’elle parle un langage universel : celui de la rencontre, du passage, de l’équilibre.

Dans cette peinture, je n’ai jamais cherché à illustrer une croyance. J’ai simplement suivi ce que la toile semblait vouloir me dire.

Et c’est précisément ce qui me touche aujourd’hui. Cette œuvre est née à la même époque que Le Poisson, une autre peinture inspirée par les grands symboles qui traversent les civilisations.

Je ne le savais pas encore, mais ces tableaux racontaient déjà une histoire. Ils parlaient déjà un langage. Quelques années plus tard, ce langage deviendrait l’Oracle des Songes Blancs.

Conclusion

En regardant aujourd’hui La Croix, je n’y vois plus seulement une peinture. J’y vois une étape de mon propre chemin.

Une œuvre qui m’a précédée.

Une œuvre qui m’a appris à écouter davantage ce qui naît dans le silence de l’atelier.

C’est peut-être cela, finalement, le plus grand mystère de la création : nous croyons parfois guider nos œuvres, puis un jour, nous découvrons que ce sont elles qui nous conduisent.

Pour aller plus loin
Si la symbolique de la croix vous intéresse, vous pouvez découvrir Le Symbolisme de la Croix de René Guénon, une référence qui explore ce symbole dans de nombreuses traditions spirituelles.

Le Symbolisme de la Croix de René Guénon

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